
Jacques Chêneau, M.D.
39 rue des
Chanterelles, 31650 Saint Orens france
Tel. National O5
6224/8819 Tel. International 0033 5 6224/8819
Pour les informations les plus récentes et pour communiquer, prière de
téléphoner. Blog (presque prêt, mais qui comporte déjà d’intéressantes
actualitas, et des possibilités de discussion http://blog.cheneau.info/ .
Lien vers le site récent, février 2010. Complète les sites déjà existants
qui restent valables. http://cheneau.jacques.perso.neuf.fr/
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RESUME DE
L’ATELIER D’EVPATORIA EN UKRAINE
Evpatoria est une ville côtière de la mer noire qui, du temps des Soviets,
avait été vouée au traitement et à la convalescence. On y compte soixante deux
établissements de soins. Celui dont j’étais l’hôte s’appelle
« Orlionok », construit en 1933 à côté d’une villa qui fut la
dernière résidence du Tsar Nicolas 2, accompagné à l’époque par le prince
Youssoupof. Pour la quatrième fois en trois ans, j’y animais un atelier de
trois semaines où nous avons vu beaucoup de patients, donné des conseils, réglé
des corsets, et en avons fabriqué une cinquantaine. Je suis enchanté par la
qualité du travail de cette équipe. Bien évidemment, il reste de très petits
détails à mettre au point, et que j’évoquerai plus loin dans ces lignes.
Il y a eu très peu de changements, mais des perfectionnements importants
concernant la maintenance. Il m’est devenu impossible de rédiger en cinq
langues, comme autrefois, car l’âge m’oblige à réduire mes activités et les
ralentit beaucoup. Je m’efforcerai de délivrer un texte anglais, allemand et
peut-être espagnol et russe, Il y aura des fautes de traduction, mais je sais
que ce sera compréhensible, puisque dans un proche passé, j’ai relu une version
russe qu’un ami ukrainien, le Docteur Borzunov, avait faite à partir de
« mon » Anglais, et elle était compréhensible.
Il y a un fait généralisé et qui me désespère. D’une part, les praticiens
traitants (tous ceux de chaque équipe), ont l’obligation absolue de connaître
toute la physiopathologie de la scoliose et tous les mécanismes de la
correction par action sur les 54 zones que j’ai décrites. Tous ceux qui n’ont
pas accepté cette nomenclature, souvent complétée, mais malheureusement
indispensable, ont dévié. Le deuxième obstacle au traitement de la scoliose est
le temps exigé non seulement pour la fabrication (problème presque résolu à
présent par l’informatique), mais surtout pour la maintenance. L’adaptation du corset après un mois,
puis tous les trois mois, exige avant tout l’augmentation de volume élective
des chambres d’expansion. Un corset non entretenu ne vaut rien après
quelques mois. Alors les praticiens ont le choix, ou bien de faire un travail
long et ingrat et de ne gagner que parcimonieusement leur vie, ou bien
d’obtenir de l’argent sans rendre de grands services au patient qui, s’il a une
scoliose évolutive, devra être opéré.
Dans tout ce que nous décrirons, nous supposons avoir à traiter une
scoliose dont l’apex thoracique ou thoraco-lombaire est situé à droite. Si nous
n’adoptions pas cette convention, les artifices de style alors nécessaires
seraient inextricables. Le lecteur, lorsqu’il sera confronté à un patient dont
l’apex thoracique ou thoraco-lombaire serait gauche, devra faire
l’effort, malheureusement difficile, d’inverser ses réflexes.
Sur les images où deux silhouettes coexistent, celle de gauche est censée
être notée A et celle de droite B Les autres suivent de gauche à droite selon
l’ordre des lettres.
Au cas où un patient ne pourrait pas marcher, le plus souvent pour cause de
lésions fémoro-cotyloïdiennes, on pourra faire un corset destiné à la personne
couchée ou au fauteuil. On peut aussi se contenter d’aménager le fauteuil ou le
lit, c’est assez facile. Mais il ne faut pas croire ni tenter de faire croire
que le corset permettra au patient de marcher.
Voici une vérité mille fois répétée. Si l’on veut corriger vite une
courbure, c’est-à-dire redresser tous les tissus correspondants aux tranches de
corps concernés, on pourra le faire, par exemple avec des moyens de pression
considérables comme ceux du cadre d’Abbott. Mais alors cette correction
n’affectera que les tissus en saillie gibbeuse. Que deviennent alors les
tissus comme os, muscles, tendons, aponévroses, poumons, plèvres et d’autres
qui se trouvent dans une zone concave, déprimée en creux par rapport à une
silhouette symétrique de référence ? Il y a une expansion partielle,
fortement limitée par les rétractions. Il est possible mais non certain que,
pour des déformations modérées, ces tissus s’organisent en situation
normale avec
le temps, à condition formelle que
des chambres d’expansion complètes et suffisantes leurs aient été ménagés.
L’unité de ce temps, variable avec certains facteurs comme l’âge, peut
raisonnablement être fixée à un mois. Ceci explique qu’une réduction de
courbure qui survient immédiatement après la pose d’un corset, plâtré ou
plastique, soit inévitablement accompagnée par un affaissement des zones
concaves. C’est pourquoi je ne cherche jamais à corriger une scoliose le
premier jour. Toute radiographie prématurée est décevante, à peine quelques
degrés gagnés. Pour avoir une correction importante, souvent complète, et une
bonne remise en forme des parties concaves, il faut au moins un mois, des
chambres d’expansion suffisantes et un nouvel ajustage très soigneux du
corset. Dans l’esprit de la majorité de ceux qui ne connaissent pas ou mal mon
système, c’est l’augmentation de pression des zones gibbeuses que l’on
recherchera en premier lieu lorsque l’on procède à l’ajustage. C’est ce que
font toutes les autres écoles. Mais mon système est conçu de telle sorte que c’est
la croissance qui joue ce rôle d’augmentation de pression des appuis au cours
du temps. Si bien que presque toujours, il est inutile d’ajouter une pelote de
mousse ou un feutre à l’intérieur d’un appui. On augmentera par
contre très généreusement les volumes des chambres d’expansion. C’est à ce
moment, le contrôle du mois suivant, que l’on pourra décider d’enlever un
maximum de parois de corset en zones concaves, pour ne laisser qu’un squelette
constitué par les appuis et les bandelettes de liaison. On décidera alors
aussi des découpages de zones à déplacer directement sur le patient pour
choisir la meilleure forme, la meilleure correction et le meilleur confort. On
dotera hardiment le corset de renforts, soit polyéthylène soit en fibres de
carbone, partout où le matériau semblera d’une résistance incertaine. Tout ceci
est réversible, rattrapable à tous moments et à tous niveaux, et devrait
aboutir à des corsets efficaces, discrets et
confortables.
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Poznan, Pologne, Novembre 2004. Habituellement, je ne montre pas le
visage des patients pour assurer l’anonymat. Mais cette jeune fille a voulu
que je montre, non seulement le corset, mais aussi sa joie d’avoir un
appareillage aussi confortable et aussi discret. A l’arrière plan, le Docteur
Kotwicki. Depuis, il n’y a pas eu de changements importants dans la fabrication
du corset. Seule la maintenance a été améliorée. J’ai eu des
nouvelles de la jeune fille de cette image. Il parait qu’elle va bien. Dès 2006,
nous nous étions réunis avec le Docteur Kotwicki,et Monsieur Grabski, pour
organiser la maintenance des corsets comme je le faisais au début des années
70. On détache la ou les éventuelles parties non adaptées du corset. On en
détermine la position directement sur le patient. Puis on fixe le tout hors
patient par rivetages et pontages. Deux ans se sont écoulés depuis, et ce
système a fait depuis ses preuves de facilité, de rapidité, de confort et
d’efficacité. |